60 millions de Présidents, Et moi, et moi, et moi ?

Publié le par Persan

Je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens veulent devenir Président de la République. le boulot est bien payé, certes on bouffe quatre étoiles tous les jours, à tous les repas, même au p’tit dèj’. Certes on se fait conduire et personne ne vous tape sur les doigts si vous êtes en retard. Certes on vous donne du Président, et à vie en plus (une grosse connerie d’ailleurs, cette habitude… On est en démocratie non ? Si t’es viré, tu ne gardes pas ta petite étiquette accrochée à la pochette de ta chemisette et ton nom sur le bureau).

Bon, je joue au gros naïf. Tout ça est une question de pouvoir. J’ai eu en Terminale un Prof de philo, vieux Frère des Ecoles chrétiennes, et assez pédagogique ma foi (c’est mon côté prof, je peux pas m’empêcher de juger cet aspect des choses. Promis, je le ferai plus, m’dame !). Il avait lancé une fois un de ces courts missiles verbaux qui vous restent plantés dans la tête des années : « On pense que c’est l’argent qui fait courir la planète. Il n’en est rien. C’est la recherche du pouvoir qui guide les hommes ». J’ai été fasciné à l’époque et avec les années, je me dis que le proverbe n’était pas faux. C’est de la philo à ma portée, il faut le dire.

J’y repense en regardant les empoignades à quelques mois de la nomination de notre nouveau souverain. La coalition anti-libérale porte mal son nom : même eux, qui semblent bien insignifiants en termes de nombre de bulletins glissés dans l’urne à leur nom, réussissent à ne pas s’entendre. ‘Doivent pas être si nombreux que ça, pourtant. Mais il semble que trois ou quatre d’entre eux aient décidé de prendre le pouvoir, que si on le leur donne pas, ils se tirent et se présentent tout seuls, na ! Besancenot et Laguillier ont déjà fait le coup. Ce que c’est que de vouloir tout ramener à soi ! Ce seront les premiers à parler de dialogue social, de démocratie plus proche du peuple, d’écoutez-nous-on-est-du-peuple, de proportionnelle, et je sais quoi encore. Comme, en plus, le P.C., qui aurait dû s’auto-dissoudre depuis longtemps, au moins pour montrer qu’ils étaient capables de prendre une décision intelligente en 20 ans, veut se donner l’illusion qu’il existe encore et sait s’adapter à notre XXIè siècle (alors qu’il est resté au XIXè, une barre de déplacée et c’est la machine à remonter le temps), ils ne sont pas prêts d’arrêter de discutailler.

A côté de ça, on a la mère Générale qui voudrait bien se faire une place sous les sunlights de l’U.M.P., mais sait que le ciel de son parti est déjà occupé par leur soleil de l’Intérieur. Alliot-Marie Joseph ! Il faut que je fasse croire que je pourrais éventuellement, si si si, me présenter en face de Nicolas, parce que sinon, on dira qu’il a tout squatté, trusté, et ça fout une partie de l’image démocrate en l’air. Et puis, deuxième avantage : je prépare les places du futur gouvernement, des fois que Matignon serait pas trop loin de chez moi.

Je ne vais les citer tous, ces roitelets qui voudraient devenir P.D.G. de la France : De Villiers, juste pour glaner quelques miettes mais il aura fait son show, mieux qu’à l’Olympia. Le Pen qui gémit comme chaque fois sur ses signatures et que les journalistes croient toujours sincère dans son cinémascope en noir et blanc (au sens figuré). Le Che qui se désiste après avoir fait croire que, peut-être, il allait courir mais finalement son souffle au cœur ne le lui permettra pas.

Ces gens-là, ceux qui se lancent en politique après les Grandes écoles, font toute une vie en préparant leur accession à un trône qui leur échappera pour la plupart puisqu’il n’y a qu’une place. J’aime enfiler des lapalissades, c’est reposant.

Moi, ce que je propose, c’est que le maximum de Français aillent devant les médias et pré-annoncent leur candidature à la Présidentielle, pour défendre toutes les catégories de la société : les chauves bedonnants, les chauves pas bedonnants, les bedonnants pas chauves, les boulangers qui fument, les joueurs de dominos du samedi soir, les joueurs de dominos qui aiment porter des tongues, et j’en passe. On peut multiplier les catégories, et donc les candidatures à l’infini. Ca aurait le mérite de foutre la merde, de couper l’herbe médiatique sous les pieds de tous ceux qui en profitent pour se faire mousser, même s’ils savent qu’ils n’ont aucune chance de retrouver un jour leur nom sur un bulletin devant une urne en 2007.

Allez, camarades, tous candidats en 2007 ! Je me présente au nom des enseignants de français lunetteux qui adorent la pêche au bulot à la carabine à air comprimé. Votez pour moi ! Ce sera lunettes pour tous !

Lancez vos candidatures dans les messages, qu’on fasse peur aux Grands de ce monde, Grrrrrrr ! 

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Publié dans cafeducommerce

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