Ségo-Sarko : Nous v'là bien !

Publié le par Persan

Je me demande encore pourquoi les militants socialistes sont allés voter ce jeudi de novembre. Tous les médias avaient déjà voté à leur place. La preuve : les résultats ont été ceux annoncés pour Ségolène (on l’appelle tous par son prénom, c’est fun, c’est la nouvelle politique). Pour les deux autres, par contre, petite erreur : Fabius (mon préféré des trois prétendants) ne s’était pas effondré, et Strauss-Kahn n’avait pas gratté des points. Mais bon, on s’en fout.

Voilà : on a maintenant nos deux candidats droite-gauche pour la Présidentielle, Pince-mi et Pince-moi. Et on est vachtement bien heureux. On va pouvoir les marier, je cauchemarde. Personnellement, je ne vois pas trop la différence entre les deux. Bon, je suis myope, d’accord, mais avec des verres correcteurs pas trop déformants. Alors ?

A part le sexe et la taille, je ne vois pas comment les différencier. Quand ils passent à la téloche, je scrute le tailleur ou le costume cravate pour les distinguer l’un (ou l’une, je ne suis pas sexiste) de l’autre.

Principale ressemblance à mes yeux : la manipulation médiatique. D’où ma myopie télévisuelle, si vous me suivez. Chacun a construit son image sur des scandales bien préparés et balancés régulièrement.

Avantages :

- on fait parler de soi tout le temps. Un politique qu’on oublie est un politique mort (je crois que je vais revendre cette phrase à Séguéla).

- tout le monde discute des idées soi-disant novatrices ainsi judicieusement balancées, et pas des autres plantons de la sphère politique. Quitte à se dédire dans la semaine, et à inventer une autre réforme exceptionnelle totalement contraire. Les citoyens sont toujours des veaux (c’est un des seuls héritages du gaullisme) et ils oublient vite.

- on construit une image de révolutionnaire respectable. « Je vous ai compris » (autre bribe gaulliste), répété devant tous les auditoires.

- on renouvelle le dico, plus vite que M. Larousse, en utilisant de grands mots qu’on remplit du sens qu’on veut (« rupture », « démocratie participative »), sens qui peut d’ailleurs, puisqu’il est large et personnel, changer à l’envi.

- on flatte le pékin de base qui en chie tous les jours dans son quartier, et au boulot quand on a la chance d’en avoir un. La meilleure manière ? Comme dans les films hollywoodiens, foutre un coup de projo et montrer de la baguette qui sont les bons et qui sont les méchants, qui sont les efficaces, les rentables, les productifs et les nazes.

Je me sens démocrate dans l’âme, et je tiens à voter, juste histoire de montrer que j’use du droit qu’on me donne (faut en profiter parce qu’en France, les droits deviennent rares et chers). Je me souviens toujours des premières élections générales et libres dans l’Afrique du sud post apartheid, des files kilométriques (sans jeu de mots, cette fois) d’électeurs noirs faisant la queue des heures durant devant les bureaux de vote afin de pouvoir enfin donner glisser un petit papier dans l’urne. Emouvant et bon rappel de notre chance.

Mais là, nous v’là bien : Ségo ou Sarko ? On pourrait n’imprimer qu’un seul bulletin de vote. Ca ferait de sérieuses économies. Je sens que je vais être bien emmerdé au second tour. Je pourrais faire pouf pouf. Qu’est-ce que vous en pensez ?

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Publié dans cafeducommerce

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