Les Camelots sinois ont débarqué
Grand-messe sino-africaine (pourquoi faut-il sosotter pour désigner les habitants de ces contrées loin loin à l’est ?) à Pékin (ou Beijing pour faire culturé) :
Mais tel n’est pas mon propos principal ce jour. Pour vivre sur un coin détaché-rattaché de cette Afrique courtisée, Madagascar, le nouveau péril qui rit jaune, je le vois plus près de moi. En effet, pour n’être pas un de ces visiteurs des hautes sphères économiques malgaches, j’observe plutôt le désarroi collectif face à la nouvelle suprématie des camelots de
Régulièrement, sur M6, on nous rebat les oreilles des contrefaçons chinoises, en nous faisant remarquer le jeu subtil sur les noms de marques qui funambulisent sur le fil du rasoir juridique. Je propose aux journaleux de la chaîne qui en a fini de monter de venir faire un tour dans nos magasins d’appareils électro-ménagers ou hifi-vidéo. Ici, tout est contrefait. Et les subtilités (Phlips, Soni, …) sont dépassées : on vend de vraies contrefaçons, si je puis dire.
Quoi de neuf, me direz-vous à propos, si vous lisez avec attention ce modeste monologue ? Il me faut donc préciser qu’il est excessivement difficile de trouver des appareils non contrefaits, et donc de qualité acceptable. Dernier exemple en date : je fais l’acquisition, bien décidé à ―enfin― entrer dans l’ère moderne, d’un lecteur DVD de marque LG avec option DivX parce qu’ainsi je rejoints, me dit-on, les pionniers de l’ère numérique. Bien entendu, le commerçant m’assure de la non contrefaçon du dit appareil et de sa haute fiabilité (c’est de la marque quand même !). Je rentre chez moi, et j’inaugure. Le plateau glisse majestueusement et me laisse découvrir une mince plaque de plastique sur laquelle je me dois de déposer avec une délicatesse éprouvée le disque si je ne veux pas le retrouver flottant sur le carrelage.
Je plaisante, que faire d’autre ? mais quand cela se répète pour le moindre appareil, et maintenant pour les vêtements, les jouets, les ustensiles de cuisine, l’agacement monte monte monte. Si je souhaite investir dans du durable, je ne peux pas : cela n’existe que peu, et les apparences ne me permettent pas toujours de discerner la grosse merde du produit qui se respecte et respecte un tant soi peu son client.
Le scandale dans tout ceci, car il y a scandale messieurs dames, n’est pas que je me batte dans un océan de camelote importée. Non, j’ai personnellement les moyens de subsister : mais je vis au milieu d’une population qui vit très modestement et qui, à coups de double ou triple emploi, réussit à s’en sortir vaguement parfois. Et parfois a la joie de s’offrir l’une des marques de richesse de notre société mondialisée où
Les Chinois, en super capitalistes mondiaux, ont parfaitement compris ce que signifie s’adapter à la demande : des produits de bonne qualité en Occident, de la sous-merde dans les pays du tiers-monde qui ne peuvent s’offrir que ça, de toute manière. Et tant pis si les jouets des gamins sont cassés et rendus inutilisables dans la journée où ils sont offerts (cas très fréquent, je vous assure). Le rêve de la surconsommation a envahi les pays les plus pauvres.