Faux-culs, vraies pépètes !

Publié le par Persan

« Tant qu’je gagne, je joue ! ». Clin d’œil à Coluche, même s’il n’a besoin de personne pour rester dans les mémoires. La Française des Jeux a décidé de se rappeler que le second terme d’« Etat-providence » avait un autre sens. Depuis toujours, la Providence remplissait en tintant, en carillonnant, les caisses de cet organisme d’Etat (actionnaire principal). Désormais, comme pris de remords (on y reviendra), elle affiche, logote, propose à l’instar de « Marie-Claire » un auto-psycho-test sur ses produits à gratter, cocher, assécher le portefeuille. La Providence soufflerait-elle aussi désormais en direction de ses clients ?

Faux-culs ! Allez, ça vaut même les majuscules : FAUX-CULS !! Pris dans le délire de la protection de tout un chacun contre tout et tous, qui finira bien par une loi pour nous protéger de nos propres pets ou nous interdire un doigt rageur levé contre la connerie humaine (ça soulage, pourtant…), voilà-t’y-pas que l’une des plus grosses pompeuses de fric1 des petites bourses nous la joue donneuse de leçons. Le plus grand casino de France, qui a depuis plusieurs années déjà opté pour la matraque publicitaire et l’offensive commerciale digne des plus grands soldats de l’impérialisme marchand (pensez aux nouveaux produits lancés chaque année ou presque…), vient jouer les curés sermonneurs. Après les paquets de cibiches ornés d’avertissements lisibles par les pires myopes : prends-en, ça fait vivre les buralistes et les multinationales du cancer, on a donc le ticket gratteur qui ne nuit pas à la santé parce que la dose maximale prescrite y est inscrite.

Tout ça ressemble à un argument publicitaire de plus à l’heure où le kawa éthique accroche bien (et c’est tant mieux, surtout s’il est bon) ; ou, c’est selon, à un dédouanement en règle : abusez du jeu mais ne venez pas ensuite nous foutre un procès aux fesses comme les autres cadavres ambulants de la clope. On vous aura prévenus…

Bientôt les marchands de capote prôneront l’abstinence avant le mariage ; le cafetier n’ouvrira sa boutique que cinq minutes par heure parce que sinon on pourrait se bourrer la gueule ; les marchands d’armes enverront des sous à la Croix rouge ou à MSF pour soigner les blessés de guerre… Hein ? Ca s’fait déjà ? Ah ! Vive le progrès social ! On vous promet un monde tout lisse, tout propre, où pas une tête ne dépassera. Enfin, on vivra tranquille et on pourra rester à la maison regarder le journal de Pernaud (mais sans Ricard). Pendant que je le peux encore, je dresse un majeur en honneur de la Française des jeux.

 

1 J’ai entendu il y a quelques temps un propos des plus intéressants sur RFI : un chercheur en je ne sais quoi affirmait que tous les joueurs perdent aux jeux de hasard. En effet, si l’on adopte un raisonnement de statisticien, ceux qui gagnent sont si peu nombreux qu’ils font partie des exceptions qui existent toujours mais qu’il faut négliger pour retenir la règle générale. Les mathématiques étant une science à peu près exacte, son raisonnement se tient tout à fait. Quand on ne joue pas, on gagne tous les jours. Je ne compte plus les jours où j’ai gagné…  

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Publié dans cafeducommerce

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