Carnets de ma (campagne) 7

Publié le par ELmaTador

Minou, Zorro et les autres

 

Pâle hispanophone que celui qui, dans ma riante cité, a choisi de nommer son âne Zorro. Âne d'un gris anesque tirant même pas sur le roux, et bien loin de glapir comme ce petit animal portant le nom d'un chevalier masqué. Zorro est un bête âne, je ne veux pas dire qu'il soit bête, bien qu'il soit effectivement une bête ; je veux dire qu'il est banal. Seulement il est unique, du moins dans le rayon qu'autorise l'ouïe des habitants de la ville. Quand on entend le cri de Zorro, on sait d'où vient le vent... à la condition de savoir où se trouve Zorro, car Zorro change de champ régulièrement. Pas tout seul, rassurez-vous, mais sur initiative de son maître.

 

En matière de bruissements puissants poussés avec la bouche, Zorro a de la concurrence chez les volatiles. Des volatiles qui ne volent pas, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'oies. Ces oies, qui ont l'heureuse idée de ne pas cacarder la nuit, donnent à l'atmosphère un côté très champêtre, même si on n'est pas dans le Gers, quand même ! Quand je dis qu'elles cacardent, il s'agit bien d'un cri et non de l'expulsion postérieure et nauséabonde de leurs excréments, laquelle ne produit pas, que je sache, de bruit si puissant que je puisse l'entendre de chez moi.

 

Il en est, par contre, qui cacardent, caquettent, que sais-je, en tout cas nous canardent régulièrement de cris matutinaux, et même fort avancés dans le matutin : en clair, sur les coups de cinq heures du mat', un couple de choucas nichés dans le rocher situé à 5 mètres en face de la fenêtre, se la jouent amoureux fous, à moins que ça ne soit une scène de ménage, en tout cas ils font un boucan d'enfer !

 

Enfin, dernière possibilité de bruit nocturne : la franche bagarre féline, autrement dit "deux chats qui se maravent la gueule". Cela produit un vacarme comparable à celui d'un bébé humain en pleurs, les deux étant également désagréables lorsqu'ils se produisent la nuit. Bien sûr, le cri du bébé embête davantage les parents dudit bébé qui sont chargés de se lever pour le calmer et / ou le nourrir, ce que ne font pas les parents des chats.

 

Hormis quelques défécations parfois épaisses et mal placées qui en suggèrent la présence, le chien passe inaperçu dans le village. Le chat est ici le maître. Ou plutôt LES chats, car ils sont fort nombreux. Il n'est pas rare de les voir en réunion de deux, trois voire cinq, qui ne laissent pas de me faire craindre un complot de la race féline à mon égard. Car ils savent que je ne les apprécie guère, ces "minous minous" très taquins qui vous ronronnent gentiment sur les genoux jusqu'au moment où ils sortent brusquement leurs griffes et vous lacèrent le visage, la tapisserie ou, pire, le bombers négligemment laissé sur le canapé du salon. Sans compter qu'ils laissent abondamment des poils chez vous. Alors ouste ! Dehors !

 

Dehors, les chats ne me dérangent guère, même s'ils sont très nombreux et que j'aie l'impression d'en voir chaque jour des nouveaux. Les personnes qui s'y intéressent m'ont assuré que non, que celui-ci appartient à untel et que celui-là est nourri par unetelle. Un ami est même en mesure de me faire la généalogie des chats du quartier, car les habitants ont l'idée de s'échanger de temps à autre la descendance de leurs matous. Nombreux donc, les chats, mais pas tant que ça. De toute manière, tous s'égaillent à l'arrivée d'un importun (par exemple : moi). Force reste donc à l'espèce humaine !

 

Publicité

Publié dans cafeducommerce

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article