Carnets de (ma) campagne

Publié le par ELmaTador

 

Le cul sagement posé dans notre fauteuil, nous sommes nombreux à rêver d'aventures tout en nous sachant peu intrépides. Eh bien, Mesdames et Messieurs (roulement de tambours...), je vous propose à partir d'aujourd'hui une série de reportages extraordinaires ! Tel un grand reporter parcourant inlassablement le monde, je passe mon temps à parcourir le monde... de mon petit village. Cela a le mérite de la sécurité et du repos assuré, car je rentre chaque soir me coucher dans un lit douillet, et d'ailleurs j'ai intérêt sinon ma mie s'inquiète. Et j'ose affirmer que le pas de ma porte a un certain intérêt, d'ailleurs je le balaie régulièrement (au moins du regard).

 

Mon village est situé en campagne, c'est pourquoi j'ai intitulé ces reportages "Carnets de (ma) campagne". Le jeu de mots est aisé autant qu'usé, et il n'y faut pas chercher un essai citoyen sur la future élection présidentielle. D'autant plus que ces carnets que je commence aujourd'hui se poursuivront assurément bien après l'élection, sauf censure du nouveau régime. J'avais songé un temps choisir comme titre "Journal d'un incurable de la campagne", mais au-delà du clin d'oeil à Bernanos je ne voyais pas en quoi mon souhait et mon plaisir de vivre à la campagne pouvaient s'avérer une maladie.

 

Pour commencer, plantons le décor. Il y a quelques mois, un journal télévisé avait choisi mon petit village pour illustrer un reportage sur le repeuplement des campagnes. En fait de campagne profonde, on fait quand même mieux. Quoique si vous ne supportez pas de faire 20 minutes de voiture pour accéder à l'autoroute, de rouler 10 minutes (en toute saison) pour aller au supermarché, si vous n'imaginez pas pouvoir disposer d'un square de milliers d'hectares pour vous balader, ou si vous ne vous faîtes pas à l'idée d'avoir le choix entre seulement deux kebabs pour votre soirée foot, ne venez pas ici. Mais comme je sais que nombre de citadins et périurbains doivent patienter de longues heures dans leur voiture, les bouchons et la chaleur afin de satisfaire aux besoins essentiels du consommateur, je conclus donc que ma campagne semi-profonde où tout est accessible aisément (à condition, toutefois, de disposer d'une voiture), est un endroit parfait pour s'établir. Cela dit, ne venez pas tous repeupler ma campagne, sinon elle deviendra une ville et je n'aurai plus qu'à m'exiler derechef.

 

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Publié dans cafeducommerce

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Y
Ah ! Les villes à la campagne (Alphonse Allais ?), le rêve ! Chez moi, c'est un village mais on l'appelle une ville, et la campagne n'est pas loin. Allez comprendre...
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