Girouette, pirouette, et poudre de pinpins* au P.S.
« Girouette » : action de gîter et de rouler (en brouette) le citoyen dans la farine de blé premier choix, importation sans OGM garantie à 95 %, pas plus, parce qu’après on sait plus compter. Voilà du Francis Ponge, sans le talent. Il n’y reste pas grand-chose, juste de quoi débiter ce qui suit.
Nous attendons tous avec une impatience non feinte les résultats des élections des candidats à la candidature (belle expression, au passage, qui fait penser, je ne sais pourquoi, à
Et la girouette ? Celle de ces éléphants qui ne cachent même plus que leur trompe vire à la première brise qui les emportera vers d’autres dorures scintillantes.
Fabius se découvre une âme de socialiste où le mot « social » retrouve des accents anciens que sa voix n’a jamais portés. Bon comédien, on y croirait presque, comme quand Bush embauche pour redorer (lui aussi, il aime le doré à souhait) l’image flétrie (par qui ? La mauvaise foi des étrangers ?) de sa patrie.
Royal picore de-ci de-là, s’avouant blairiste mais pas trop parce que ça choque les braves gens ; remettant au goût du jour les maisons de correction puis pliant sous les cris des anciens spectateurs des « 400 coups » ; jouant de sa féminité mais faisant oublier ses photos de mère de famille miroir du Vendéen.
Strauss-Kahn présente sa charmante femme mais ne veut pas tomber dans le people. Trop tard.
Et je suis déjà usé d’énumérer les incohérences, parfois sans grande importance certes, des discoureurs de la démocratie. Une fois de plus, je serai bien en mal au second tour de choisir entre une girouette de gauche et une girouette de droite. Elles sont toutes si bien huilées qu’elles tournent, virent, semblent vouloir s’envoler, et me font tourner la tête. Je vais me bourrer la gueule. Au moins je saurai pourquoi je tomberai. Et le lendemain, ce sera fini, au moins.
* On me fait dire que ce terme s’applique avec tendresse aux hébergés de certains asiles où les neurones ont pris la tangente.