Les jours où le soleil tombe sur la tête
De mon petit coin ensoleillé de Madagascar, à 30 degrés Celcius toute l'année en moyenne, je regarde les infos sur LCI : le mot du jour est... ? "canicule" ! (au passage, pour faire lettré, mot de même origine que canidé).
Et je sourie, je me marre devant les reportages incessants sur l'ouvrier-avec-un-casque-même-pendant-la-pause (faut qu'on le reconnaisse comme tel) qui avale devant la caméra ses deux litres d'eau, quitte à aller pisser plein bock une fois le caméraman retourné à ses bobines ; sur la mamie qui s'emmerde sur sa chaise au milieu de la salle climatisée à s'en coller des hémorroïdes supplémentaires à chaque heure qui s'écoule ; sur l'employée de pressing qui éponge autant que son fer à vapeur ; et j'en passe.
Nous, on sue toute l'année, on marche à l'ombre, on boit sans soif et on ne meurt pas plus que ça. Question d'habitude me direz-vous avec grande sagesse. Mais il faut aussi repenser à la conception de l'année en France, qui fait espérer à tous les deux mois de soleil de l'été où l'on pourra s'émoustiller sur la dernière dansounette obligatoire des FM, opérer de multiples allées et venues sur les plages pour mater enfin des seins à l'air, et se faire des overdoses de glaces italiennes.
Beau revers de la médaille. Le soleil tue, râpe, assomme. Il est chaud, me glisse le fantôme de Lapalisse. Et je songe aux touristes bienheureux qui se pointent dans les Antilles pour une semaine, se font cramer façon barbecue géant durant deux jours et finissent au quartier des grillades de l'hôpital local. Ce n'est pas une historiette mais un témoignage personnel d'ex résident martiniquais.
Va falloir s'y faire : fait chaud en France. Et bientôt, à l'image de "Peut-être" de Klapish, Paris-Plage n'aura plus besoin d'importer ses tonnes de sable en bord de Seine...
Bon, je retourne sous mon soleil et mon cocotier qui s'ennuient de moi.