Anti-mondialisation : N. f. 1. Suicide nucléaire? 2. Philosophie extra-terrestre ?
J’appelle à la création d’un syndicat international anti-anti-mondialistes.
Les anti-mondialistes, au bout de quelques années, ont fini par se réinventer en alter-mondialistes. Trop tard, on a vu le creux de la chose. Avoir choisi de participer un (long) temps à un mouvement dénommé « anti-mondialisation » interroge. J’ai beau être prof de Français (ou parce que je suis prof ?), je suis basique : préfixe « anti » = contre ; radical monde = sans commentaires ; suffixes « iser » & « -tion » = processus de création. Donc, être anti-mondialiste, c’est être contre le fait que la planète ressemble de plus en plus à ce qu’elle a toujours été : une petite boule dans l’univers peuplée de gnomes tous identiques, animés des mêmes passions et des mêmes haines, des mêmes pusillanimités. Une absurdité que Ionesco aurait relevée avec plaisir.
Bon, c’est vrai, dans le tas des altermondialistes, il doit bien y avoir des gens sensés. Et, personnellement, j’ai aussi ma liste de Père Fouettard pour le F.M.I. et
Toujours est-il que si le cerveau est formé de deux lobes, nombre d’altermondialistes les utilisent de manière manichéenne. Nous sommes les gentils qui aimons tout le monde et qui versons une larme sur les pauvres en regardant les infos sur écran plasma. Par contre, les méchants sont ceux qui possèdent l’argent et le capital. Les premiers à s’esbaudir sur les dernières saillies d’Arlette en sont des clones.
Pour prévenir tout courrier me rappelant qu’un smicard aurait dû commencer à s’échiner au paléolithique pour atteindre le « salaire » annuel de tel éléphant de multinationale, j’avoue aussi vomir sur ce type d’indécence. Et le reste de bile qui me reste au fond de l’estomac, je le crache sur la politique dite néo-libérale du F.M.I. et de
Je suis donc pour une certaine mondialisation (A lire, la chronique « La mondialisation à pleines dents »). Et, pour rajouter à ce type de remarques angéliques de ma part, disons que j’exècre les bons sentiments dégoulinants des altermondialistes, loin qu’ils sont de cette vérité : le monde est complexe. Oui, je sais, on progresse follement avec une telle réflexion. Mais je ne vois pas l’intérêt d’aller défiler déguisé en grenouille des marais ou avec un foulard néo-zapatiste sur la bouche, devant les grilles protégeant les Présidents du G8. Cela fait plaisir aux participants qui se sentent vivre plus intensément, et aux médias à la recherche d’images qui bougent, parce que, comme disait Robert Bidochon, les monuments (et le reste), quand ça bouge, c’est plus beau.
Manifester pour revenir à l’âge de pierre parce que c’est plus écolo, je ne commenterai pas.
Manifester pour désigner à la vindicte populaire les Présidents des pays les plus riches comme seuls responsables des malheurs de la planète, c’est oublier (entre autres) qu’ils sont pour beaucoup issus d’élections démocratiques.
Manifester au pied des pistes de Davos, c’est oublier que nous avons presque tous dans notre ordi des logiciels Microsoft, pour ne parler que de cette multinationale vorace.
Manifester avec dans ses tiroirs des chemises produites pour trois sous en Chine, et acheter en grande surface pour quelques euros dérisoires légumes, fruits ou poulet sous cellophane, cela s’appelle de l’hypocrisie caractérisée, ou de la stupidité avérée.