Pour quelques pékins opprimés...

Publié le par ELmaTador

Blood.jpgCharles Cunningham se serait bien gardé de passer ainsi à la postérité. Mais il l'avait bien cherché. Vers 1880, alors que son vert pays d'Irlande criait encore une fois famine, il en profita pour exiger des prix très élevés à ses fermiers pour les terres qu'il leur louait. En un mot, c'était un enfoiré. Mais les péquenots ne s'en laissèrent pas compter : quitte à subir la famine, ils prirent la décision de ne pas bosser pendant un an, et Charles Cunningham fut ruiné. Tant pis pour lui.
Charles Cunningham, c'était son prénom, Boycott était son nom. La voilà la postérité.
On parle beaucoup de boycottage en ce moment. Seulement, le propriétaire terrien est autrement plus coriace (la République populeuse de Chine), et les fermiers un tantinet plus nombreux : quelques millions de Tibétains, bouddhistes de surcroît. Sans compter que la propriété ressemble à une société cotée en bourse sur laquelle d'autres propriétaires terriens (deux cents, environ) ont misé beaucoup. Encore une forme de mondialisation, en somme. Alors pour le moment, pas de quoi faire un roman de ces petits David qui veulent combattre le mandarin Goliath et briser les rêves de fortune et de victoire des parieurs étrangers. Laissons Lhassa tranquille, motus et bouche cousue.
Tant qu'on est dans le latin, c'est quoi déjà la devise des Jeux Olympiques ? Citius, altius, fortius : plus vite, plus haut, plus fort. Plus les Tibétains gueuleront fort, plus les Chinois viendront vite les écraser, et plus haute sera la renommée de la Chine auprès de tous ceux qui ont des sous en jeu dans l’affaire.
C'est vrai, ils sont embêtants, ces Tibétains. Pourquoi ne laisseraient-ils pas un peu la place au sport et à ce bel environnement déontologique si joliment appelé "sportivité" ? Pourquoi nous embêtent-ils avec des revendications vieilles de 60 ans ? Et pourquoi on ne pourrait pas squatter cinq minutes leur gratte-ciel himalayen pour allumer sportivement, à la flamme se la sportivité, un autodafé de tous leurs vieux libelles ?
Bien sûr, l'Empire du Milieu ne fait jamais dans la demi-mesure. Mais à ce compte-là on pourrait tout aussi bien s'inquiéter de toutes les micro-ethnies qui se prétendent opprimées par l'armée de Pékin, de des journaleux qui croupissent dans les geôles pour avoir voulu abattre la grandeur de la République populaire, des miséreux expropriés pour construire barrages, stades, buildings d'affaire et autres monuments dont ils n'ont pas compris qu'ils étaient indispensables au développement de l'homme libre !
On ne peut pas se soucier de toute la misère du monde à l’aube des réjouissances olympiques que nous promet cette si belle, si ancienne et si grande civilisation chinoise. Aussi, chers amis sportifs, entraîneurs, reporters et autres politiciens, souvenez-vous du sinistre Charles Cunningham et reconnaissez combien "boycott" est un mot vil, négatif et à bannir de votre vocabulaire. Point de boycott, venez nombreux et que la fête du sport soit grande ! Citius, altius, fortius !
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Publié dans cafeducommerce

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P
alors qu'a paris le tibéry, en asie le tibet pleure!!
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