Sono pazzi questi Italiani !

En 52 avant J.C., Obélix se serait contenter d'un "Ils sont fous ces Romains". On peut raisonnablement y ajouter aujourd'hui les Napolitains, les Turinois, Milanais et autres Vénitiens, sans oublier les Sardes et les Siciliens. À notre époque, Zeus merci !, ils se contentent d'entretenir leur extravagance dans leur botte sans en faire profiter tout le bassin méditerranéen. Quoique avec Carla Bruni... Uffa ! Moi qui ne voulais pas parler politique !
"Ils sont fous, ces Italiens !" Qu'est-ce donc qui saurait justifier une telle attaque verbale ? Ils grillent les feux à vespa et sans casque ? Oui, bof... Ils se tapent dessus et crient des injures racistes dans les stades ? C'est vrai, mais ils ne sont pas les seuls... Ils produisent du vin rouge pétillant ? Pas si fou que ça...
Ils nous ont refilé Carla ? Non, réellement, on ne peut que leur rendre grâce de nous offrir une artiste aussi engagée : on a feint pendant longtemps de ne pas comprendre que la chanson "Raphaël" visait à soutenir la création plastique en Europe. Et que "Juste encore une minute" était un vibrant plaidoyer contre la peine de mort !Hélas, hélas, trois fois hélas, il faut bien convenir que c'est à la politique, encore, qu'il me faut revenir. "Ils sont fous, ces Italiens !", je dirais même plus : ils sont déraisonnables. Ils ont connu des années de chemises noires (je précise, pour les plus jeunes, qu’il ne s'agit pas là d'un avatar transalpin du groupe juvénile d'Eddy Mitchell mais d'une référence à Mussolini) ; ceci explique peut-être qu'ils sont prêts à tout, même au bon à rien. Jugez plutôt :
1994-1995 Silvio Berlusconi
1995-1996 Lamberto Dini
1996-1998 Romano Prodi
1998-2000 Massimo d'Alema
2000-2001 Giuliano Amato
2001-2006 Silvio Berlusconi
2006-2008 Romano Prodi
2008- ? Silvio Berlusconi ?
J'ai la berlue, dîtes-moi que c'est un prodige ! Les Italiens n'ont certes pas le monopole du balancement entre droite et gauche, c'est même le symptôme essentiel des démocraties (ce qui impose une conclusion parallèle : dans les pays qui ne connaissent qu'une alternance factice –exemple au hasard : la Russie– on ne peut pas attribuer la folie aux électeurs –même si les Russes...). De là à ramener régulièrement au pouvoir le grand-guignol en chef des médias et du foot réunis, il y a de quoi s'inquiéter. D'autant que les Italiens sont quand même nos voisins de droite (sur la carte, je veux dire) : il ne faudrait pas que ce genre de maladie, appelée chez nous Sarkozyte (comme nous le rappelait Persan l'autre jour), revienne nous taquiner le bourrichon dès que le soufflé est retombé, mettons après cinq ans de Royalisme (Ségolène Royal, veux-je dire).
Moi, je ne sais déjà pas si je vais tenir cinq ans avec notre super-héros, mais les Italiens, eux, en redemandent : du show, des phrases-choc, du chaud lapin, des sous claqués, des claques qui sonnent, du m'as-tu-vu toi-personne-ne-te-voit. Faut avoir du courage pour confier derechef ses impôts et les finances de la nation à quelqu'un qui dégouline de magouilles, de scandales financiers voire de collusions mafieuses. Sans compter de subtiles rapprochements avec les pas-du-tout-joyeux lurons de la Ligue du Nord. Quant à son langage fort élégant et toujours à propos, je n'en dirai rien vu que le nôtre n’est pas mal non plus, dans ce domaine.
Au final, entre Berlusconnerie aggravée et Sarkozyte aiguë, deux éléments nous distinguent de l'Italie :
- Sarkozy compte parmi ses amis des gens aussi sympathiques que Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère ou Martin Bouygues. Berlusconi, lui, est Sarkozy, Bolloré, Lagardère et Bouygues à la fois ;
- les Français en ont déjà marre de Sarkozy, pas sûr qu'ils reprendront du rab. Les Italiens, eux, ont déjà rappelé Berlusconi une fois, et sont prêts à le refaire encore (réponse le mois prochain).
Qui c'est les plus fous ?
Qui c'est les plus fous ?
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