Carnets de (ma) campagne 2

Publié le par EL maTador

Les étrangers qui ne sont pas d'ici

Aux portes de la Provence, voici une campagne somme toute assez vivable, où la neige ne bloque les routes qu'un jour tous les dix ans et où le soleil brille environ 300 jours par an. Rien de bien désagréable, donc, s'il n'y avait les touristes. Ces envahisseurs momentanés de nos ruelles tranquilles, naguère, n'apparaissaient qu'en juillet-août, période que l'on mettait à profit pour fuir ailleurs... chez eux, par exemple. Aujourd'hui, avec les ReuTeuTeu, leur présence s'étale de plus en plus au long de l'année et l'on doit à tout moment partager avec eux notre air pur et non vicié. Tiens, rien que pour ça, je demanderais bien l'abrogation des 35 h. Sans compter que ces énergumènes occupent la place de parking sise devant ma porte et qui est entretenue avec les impôts que je verse à MA commune. Non mais sans blague !

 

Il n'échappera à personne qu'ici, comme partout, on gueule beaucoup sur les touristes, les zenglishes, les teutons, les nippons et autres cons, mais on est quand même bien contents qu'ils nous rapportent de la notoriété et, surtout, des sous, des pépettes, des zeuros (avec beaucoup de zéros), en un mot des ronds (même carrés si ça les chante, du moment que ça vaut ce qui est écrit dessus). En fait, ce qui dérange beaucoup chez les touristes, c'est qu'ils ne parlent pas français, et selon leur origine, comme disait Coluche, ils ne parlent pas le même étranger. On ne va quand même pas se coltiner toutes les langues de la Terre pour pouvoir expliquer à tout le monde qu'ici c'est chez nous et qu'on aimerait y être tranquilles !

 

Ces généralités étant posées, on peut parler de l'exception : les Zollandais. Avec les Zollandais, on a raison d'être mécontents. Et même si on a tort, on ne le reconnaîtra pas. Déjà, ils parlent une langue que même on te paierait tu voudrais pas l'apprendre. Mais le pire, c'est qu'ils ont visiblement un problème d'assimilation de notre nourriture. On savait déjà que les Etats-Uniens refusaient notre roquefort, mais seulement pour des questions de sécurité intérieure (ils craignent des attentats au penicillium roqueforti). Les Zollandais vont plus loin : ils apportent avec eux leur épicerie, afin de remplacer nos splendides et vivants fromages au lait cru par du gouda (plat comme leur pays) parfois aromatisé, comble du malheur, de cumin, et nos gouleyants et pittoresques vins par de la bière pas toujours fraîche.

 

Un bémol cependant : je ne suis pas sûr qu'en inversant les rôles j'accepterais de me nourrir uniquement de gouda au cumin si je séjournais aux Pays-Bas. Moi, tant que le fromage ne coule pas entre les lattes du garde-manger, je ne prends pas. Par contre je ne crache pas, parfois, sur une petite Heineken en bouteille, surtout lorsque l'heure ou la distance ne laissent pas envisager la possibilité d'une bonne pression avant que le besoin de se désaltérer ne vire à la folie furieuse. La Heineken, voilà la seule invention géniale que je mets au crédit des Zollandais : sacré bilan...

 

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Publié dans cafeducommerce

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Y
Avec le réchauffement planétaire, en plus, ils vont tous rappliquer dans le sud de la France, avec leurs fromages. L'Europe est en marche (vers le sud). 
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