Le thermomètre, c'est dans la tête

Publié le par Persan

Pour vous faire rager, lecteurs non tropicaux, je pourrais vous évoquer mes 32° C quotidiens. Etant dans l’hémisphère sud, j’en suis au plus chaud de mon année alors que certains se les pèlent (enfin ?).

Et je souris parce que j’entends tous les jours les habitants de ma ville malgache… se plaindre de la chaleur excessive. Et j’imagine les propos de nombre d’habitants de la douce France trouver que le froid est bien dur.

Je me rappelle il y a quelques années, avoir (hé hé !) passé l’année dans les Antilles où il fait beau et chaud toute l’année. A suivre les infos métropolitaines, j’avais ouï les jérémiades déplorant un hiver pourri, huit mois consécutifs de ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle et déprime de sa grisaille. Quelle ne fut pas ma surprise, en débarquant fin juillet en Bretagne, alors que le beau temps ensoleillé s’était enfin installé une semaine auparavant, entendre : « Ah ! Qu’il fait chaud ! C’est pas possible ! ».

La fourmi humaine, qui a une propension tout à fait logique à observer les nuages qui lui filent au-dessus des antennes, possède donc également une mémoire à sa taille de fourmi. A très court terme, et même à très court thermomètre. De mon point de vue de sociologue planétaire (faut bien se faire mousser des fois), je peux donc affirmer que l’être humain se définit, où qu’il balade ses pattes sur la planète, par cette mauvaise foi évidente et de surcroît collectivement assumée.

Le temps n’est jamais au beau fixe des besoins de chacun, et l’homme n’a apparemment jamais appris, ou a peut-être au contraire désappris, à se contenter de ce que le Ciel lui envoie. L’esquimau aspire au sable blanc-cocotiers-soleil toute l’année. Le désosseur de noix de coco se verrait bien à New York où il neige pendant l’hiver. Le citadin rêve de soleil aux terrasses, tandis que le paysan verrait bien une bonne ondée de trois jours pour alimenter la pousse de son maïs.

Le dicton de la semaine pourrait donc être : Le thermomètre, c’est pas la peine de se le mettre aux fesses quand on l’a déjà dans la tête.     

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Publié dans cafeducommerce

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