Le Dakar est mort, vive Dakar libre !

Publié le par ELmaTador

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Six pieds sous terre, dans un pauvre cercueil en bois brut, ça serait mieux. Mais avec une balle dans le ventre, elle peut encore survivre, la sale bête ! Non, ça n'est pas moi qui verserait une larme sur le Dakar, ex Paris-Dakar, ex Paris-Le Cap, ex Dakar-Dakar. Et tant pis pour ceux qui se sont saignés jusqu'aux os pour financer leur traversée du Sahara au volant de leur joujou de tôle et d'essence ! Fallait pas y aller, c'est tout !
Si vous saviez comme c'est jouissif, j'en arriverais presque à chanter les louanges d'Al-Qaida. Mais non, faut pas exagérer, les fous de Dieu sont toujours aussi fous, et il est dommage que ce soit par eux que la course s'achève. Mais le résultat est là : cette année, pas de buggies dans le désert, pas de vroum-vroum dans le sable, pas de gamins écrasés. Pas de Dakar à la télé, on redécouvre le plaisir des balades dans la campagne, ou au pire on se repasse de vieux épisodes (pléonasme...) de Derrick pour passer le temps.
Oui, c'est vrai, la course a contribué à faire connaître l'Afrique : des dunes et de la savane traversées à 100 à l'heure, et quelques villages miséreux arrosés de pincées d'euros au passage. On a bien essayé de nous faire passer une vision altruiste de la course, ses apports pour l'économie africaine, les retombées pour le tourisme, et blabla et blablabla. Ce que j'en vois, c'est que les relations sont restées inégales, que la majorité des sous ont été pour les participants, les sponsors, les organisateurs, bref des transactions entre Occidentaux avec quelques entremetteurs locaux à peine corrompus. Pas grand-chose laissé sur place, à part des déchets. Est-ce que les pays traversés avaient besoin de ça ? De cette pseudo-manne éphémère balancée une fois l'an au hasard du parcours ? Est-ce que les habitants avaient vraiment envie de voir débouler des monstres de technique et de fumée dans leurs rues, sur leurs pâturages et leurs terrains de jeux ?
J'ai toujours trouvé à cette course un caractère honteux dans le fait d'exposer la toute-puissance de l'Occident, le pognon de l'Europe à la face d'une Afrique qui subit déjà assez l'injustice des rapports de force (notamment économiques). Sans compter l'aberration qui est d'aller faire mumuse au milieu des "sublimes paysages africains", en participant allègrement à la destruction des routes et chemins qu'empruntent quotidiennement (sauf pendant la course, bien sûr) les habitants "si accueillants" de ces contrées. Sans compter la pollution engendrée par les milliers de moteurs roulants et volants utilisés pendant 15 jours, pas vraiment à la pointe des recherches en matière de carburants écologiques, cela même alors qu'on parle tant des gestes à faire pour préserver l'environnement. Cela même alors que la commune du Touquet a décidé d'interdire ses dunes au fameux enduro qui les détruisait plus en une journée que les touristes le reste de l'année. Mais que ne ferait-on pas pour nos riches loisirs, et puis c'est un mal pour un bien vu tout ce qu'on leur apporte, à ces pauvres Africains !
Alors non, je ne verserai pas une larme, et je croiserai les doigts pour que la course moribonde soit bel et bien achevée et enterrée et qu'on ne la revoit plus. Mais sans que le sang soit versé : il y en a déjà eu tant, les années passées...

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Publié dans cafeducommerce

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Y
Globalement d'accord. J'aimerais qu'on fasse un quizz dans la rue en demandant qui sait où se trouvent la Mauritanie, Dakar, quelles sont les langues parlées dans les pays traversés, ce que les gens mangent : ça permettrait de savoir si l'Afrique a vraiment été popularisée par ce rallye. Chiche ?
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